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| Novembre 2009: Rapport du Haut Conseil de la Santé Publique sur le formaldéhyde : l'avis du Dr Halimi |
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Air intérieur: est-ce seulement la dose qui fait le poison?
Début novembre, le Haut Conseil de la Santé Publique publiait son rapport sur le formaldéhyde, substance reconnue comme cancérigène qui se retrouve en quantité dans l'air intérieur. L'objectif était de fixer de nouvelles doses à respecter afin de mieux protéger les populations. Pourtant, les médecins de l'Association Santé Environnement France trouvent ces recommandations obsolètes. Reconnu comme cancérigène depuis 2004, le formaldéhyde est un irritant de l'appareil respiratoire et des muqueuses oculaires. On le retrouve souvent dans les espaces clos et il est principalement émis par les matériaux de construction, les meubles, les peintures et les produits d'entretien. En 2007, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail (Afsset) avait proposé 2 valeurs guides de qualité d'air intérieur en dessous desquelles il n'y avait pas d'impact sur la santé : l'une, de 50 μg/m3 pour une exposition de quelques heures, l'autre de 10 μg/m3 pour une exposition chronique. Le rapport du Haut Conseil de Santé Publique avait pour but de compléter les recommandations de l'Afsset. Or, celui-ci ne recommande d'agir uniquement lorsque le taux de 50μg/m3 est dépassé - pourtant on sait bien qu'il n'y a pas besoin d'attendre d'atteindre de tels taux pour observer des dégâts en termes de santé lorsqu'il s'agit d'une exposition à long terme. Une fois encore, ces nouvelles valeurs guides sont basées sur le principe de Paracelse selon lequel « Rien n'est poison tout est poison : seule la dose fait le poison ». Pourtant, ce principe ne présente plus de garanties puisque nous ne sommes pas tous égaux devant la pollution et la maladie. La durée d'exposition, l'âge, le sexe, le mécanisme d'accumulation, la période de la vie – femmes enceintes –, les sensibilités individuelles sont à prendre en compte. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'ASEF avait lancé en mars dernier une étude sur les taux de formaldéhyde dans les crèches. Or, dans ce rapport, on ne trouve pas de normes particulières pour les populations "vulnérables". Ce qui revient à dire que l'on accepte que les bébés dans leurs crèches respirent le même taux de formaldéhyde que pour les adultes dans leurs bureaux. Bien sûr, l'objectif affirmé est d'atteindre des taux de 10 μg/m3 dans l'ensemble du parc immobilier. Mais, les bâtiments neufs seront soumis à la norme de 10 μg/m3 seulement à partir de 2012. Or, on sait que des industriels produisent déjà sans formaldéhyde. C'est par exemple le cas de deux entreprises qui ont mis sur le marché depuis quelques mois des laines de verre sans formaldéhyde - ce qui rend le produit non irritant ou allergisant. On attend également 2012 pour rendre obligatoire l'étiquetage des matériaux. Là encore, pourquoi le Haut Conseil de la Santé Publique accepte t-il d'attendre? Le régime démocratique dans lequel nous pensons vivre n'a t-il pas pour principe la transparence de l'information?
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