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Un quartier durable En quelques mots ...
« Le quartier durable est un territoire qui, pour sa création ou sa réhabilitation intègre dans une démarche volontaire, une conception et une gestion intégrant les critères environnementaux, un développement social urbain équilibré favorisant la valorisation des habitants, la mixité sociale et des lieux de vie collective, des objectifs de développement économique, de création d'activités et d'emplois locaux, les principes de la gouvernance que sont la transparence, la solidarité, la participation et le partenariat ». Définition de l'association des Eco maires.
En France, agir durablement, c'est engager des actions qui répondent aux principes édictés lors de la conférence de Rio en 1992 et réaffirmés en 2002 lors de la conférence de Johannesburg. De nombreuses directives, recommandations, traités (Kyoto) ont été signés par les
gouvernements et déclinés en texte de portée nationale: Stratégie Nationale et Développement durable 2003 (SNDD), lois Chevènement, Voynet, Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU), Borloo.
Des quartiers durables pour qui?
Pour des habitants impliqués et responsables.
Dans un monde tourné vers la consommation immédiate, que veut dire pour un habitant lambda habiter un quartier durable?
Le quartier doit-il être durable au sens de l'application du développement urbain durable, et changer notre relation à la consommation, ou doit-il être adaptable à l'évolution de nos modes de vie grâce à la technique?
Les quartiers durables ne seront supportables qu'aux personnes qui en ont compris le sens et qui sont prêts à faire les efforts nécessaires pour y vivre en harmonie avec ses valeurs. Ceci induit une organisation très structurée de tous les modes de participation locale.
Des quartiers durables pourquoi?
Pour renouveler la ville et construire un nouvel imaginaire commun.
Face à la réalité planétaire et à la limitation de nos ressources, face à nos questions de société, lutter contre l'exclusion, répondre au désir de nos concitoyens d'une meilleure qualité de vie, nous devons repenser aujourd'hui notre habitat.
L'échelle du quartier permet ainsi de traiter autrement les questions de l'utilisation optimale de l'espace, de minimiser l'impact environnemental de la construction et de l'usage du bâti, tout en assurant au travers de la mixité sociale, l'égalité des chances et le partage culturel.
Sur le terrain, réduire la consommation d'eau potable, favoriser la création d'entreprise dans les quartiers marginalisés ou économiser le foncier peuvent relever d'objectifs de rentabilité comme de solidarité. Préserver des espaces naturels, favoriser les transports collectifs, mobiliser les
habitants peuvent s'inscrire dans deux directions ; l'une privilégiant des valeurs d'échange, l'autre des valeurs d'usage.
Des quartiers durables comment?
Par une pratique réfléchie et une expérimentation critique.
Par le changement des mentalités.
Le développement durable semble la seule voie raisonnable. Sa déclinaison au niveau du quartier doit être recherchée. Pourtant, la mise en route des institutions, des structures locales et le changement des mentalités restent très difficiles en raison de la puissance des intérêts à court terme des entreprises, des décideurs et des individus...
La réalisation d'un quartier durable doit composer avec les styles de vie (pratiques distinctives individuelles), avec les modes de vie (pratiques des groupes ou des classes liées à la vague uniformisante de la mondialisation) et avec les genres de vie (coutumes et habitudes socio-économiques et culturelles profondément ancrées dans les structures locales des sociétés territorialisées).
Le développement durable impose des changements en profondeur des mentalités et des modes d'actions.
Par un portage politique fort et une gouvernance organisée.
Entrée dans le droit français de l'urbanisme avec la loi "Solidarité et renouvellement urbains" (SRU) du 13 décembre 2000, la notion de développement durable est en quête à la fois d'un contenu et d'une voie d'intégration dans les processus décisionnels des acteurs publics et privés, en particulier dans les procédures d'aménagement.
Différentes approches :
L'approche environnementale: les éco quartiers :
Elle privilégie la prise en compte de l'environnement, du cadre de vie et cherche à diminuer
la pression de l'homme sur la planète.
Ces quartiers sont la réponse à la théorie de l'empreinte écologique, concept élaboré par Rees et Wackernagel, deux chercheurs de l'université British Columbia de Vancouver. Il désigne la surface de terres productives et d'écosystèmes aquatiques nécessaires à la production des ressources et à l'assimilation des déchets d'une population définie, à un niveau de vie spécifié, à un moment et dans un lieu donnés.
En consommant les produits et services naturels et en rejetant leurs déchets dans l'environnement, les humains exercent sur la nature une pression que celle-ci ne peut absorber que dans les limites des capacités de régénération des écosystèmes.
Avec notre mode de vie actuel, la demande moyenne mondiale est de 2,2 ha par personne, alors qu'en Suisse elle atteint 6 ha. Sachant qu'il n'y a que 1,8 ha de surface de terre et de mer biologiquement productif par personne, l'empreinte écologique montre que l'humanité consomme plus de ressources et émet plus de déchets que la planète ne peut en supporter. Notre empreinte globale dépasse à présent de plus de 20% la capacité de charge de la planète (et c'est une moyenne).
Nous utilisons actuellement 1,2 planète, alors qu'il en existe qu'une de disponible.
L'approche technique: les quartiers HQE :
Il s'agit de mettre en place des technologies de haute qualité environnementale principalement pour et autour des bâtiments. La technique résoudra les problèmes.
Les quatorze cibles de la qualité environnementale des bâtiments sont ;
- harmonie entre le bâtiment et son site
- choix intégré des procédés constructifs et des matériaux
- chantier "propre" et à faibles nuisances
- gestion de l'énergie
- gestion de l'eau
- gestion des déchets d'activités
- gestion de l'entretien et de la maintenance
- confort acoustique
- confort visuel
- confort olfactif
- conditions sanitaires des espaces
- qualité de l'air
- qualité de l'eau
L'approche globale: les quartiers durables :
Le quartier urbain durable se veut une réflexion environnementale, mais égalementéconomique et sociale.
Les trois facteurs doivent être pris en compte pour qu'une zone d'aménagement acquière une dimension de quartier. Grâce à une gouvernance adaptée cet espace doit être pensé comme un lieu de vie, de développement et de mixité.
En effet, le quartier est un espace micro urbain, qui doit être pensé comme une ville, avec une multitude d'interrelations à des échelles différentes.
Les quartiers durables peuvent être de nouveaux quartiers, mais l'enjeu le plus important en France reste la rénovation de quartiers et la réhabilitation des centres anciens.
Le principe des échelles de territoire et des compétences en urbanisme :
Les principes du développement durable ne pourront être appliqués au quartier que si la commune entreprend de les intégrer dans tous les documents de planification et d'orientation communaux et supra communaux.
Leurs déclinaisons seront traduites au niveau intercommunal dans :
- le SCOT, document de planification stratégique et son volet développement durable (Ordonnance du 3 juin 2004 obligeant à intégrer une évaluation des incidences de ses dispositions sur l'environnement et à définir des mesures de compensation),
- le PDU, Plan de Déplacement Urbain, qui doit promouvoir les transports en commun et les modes de déplacements doux,
- le PLH, document de programmation de l'habitat sur l'ensemble de l'intercommunalité qui décline des objectifs quantitatifs et qualitatifs de logements à construire ou à réhabiliter, garant de mixité urbaine et sociale,
- les agendas 21 locaux, outils spécifiques du développement durable, qui déclinent au niveau local les propositions de l'agenda 21 issu de la conférence de Rio de 1992,
- une charte environnementale, engagement multilatéral qui définit toutes les actions de long terme destinées à promouvoir une gestion environnementale du territoire.
Au niveau communal les principes du développement durable seront traduits dans le PLU, qui comporte un document de présentation de l'ensemble des projets, le Plan d'Aménagement et de Développement Durable (PADD). Ce dernier revêt un caractère obligatoire, toutefois son contenu n'est pas opposable.
D'après la Synthèse des travaux du Conseil Français des Urbanistes de France.
Janine Bellante. Avril 2007.
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